20 septembre 2007

I am a Popstar !

Ouais, je sais. Criez pas. Hé l'Oursonne, c'est quoi ce titre de post, là ? On se calme. Tout va bien.

Mais non, je ne participe pas à la fameuse émission que Meuh-6 a ressuscité dernièrement. Remettez-vous, quoi... Promis, je vais tout vous expliquer. Mais on va commencer par le commencement, ok ?

Ceux qui suivent mes délires depuis un moment auront sans doute noté que l'une de mes activités préférées, c'est chanter. Toute petite déjà, mes parents me faisaient chanter L'Amérique de Joe Dassin aux réunions familiales (oui, bon, ça va, hein...). Après, je suis passée aux vieilles chansons des années 30 et 40, avec les disques 78 tours récupérés chez mes grands-parents (je me souviens encore avec émotion de L'Hôtel des Trois Canards, que je chantais en trio avec ma grand-mère et ma tante, snif... ou encore de l'inénarrable Ah ! Que la France est belle, que je reprenais en choeur sans trop bien comprendre le contexte). Bien sûr, comme tous les gamins de l'époque, je chantais aussi les succès de Carlos (qui se souvient du Bougalou du Loup-Garou ?) ou d'Annie Cordy (non, pas Tata Yoyo, plutôt La Bébête, ou Joe la Terreur du Nevada, voyez...). Heureusement, ado, mes goûts se sont un peu affinés. Et depuis, il ne se passe pas un jour sans que je fredonne quelque chose. A un tel point que, si je ne chante pas, certains s'inquiètent et me demandent si je vais bien...

Chanter, c'est pour moi un réflexe presque aussi ancré que celui de respirer. C'est aussi un amusement, un plaisir, un loisir. Avec super pote Cityzen, qui adore pousser la chansonnette lui aussi, nous nous retrouvons régulièrement pour chanter ensemble. A notre palmarès : le massacre de Là-Bas, de Vivo per Lei... Finbonbref.

J'ai pris des cours autrefois, avec un pro. Il m'a fait découvrir plusieurs classiques du blues et du jazz, mais je dois bien avouer que ce n'était pas trop mon truc. Je trouvais ça magnifique, mais malgré mes efforts, j'avais un mal de chien à les chanter de façon satisfaisante. Mon prof de l'époque a disparu, englouti par ses activités débordantes, mais j'ai toujours souhaité me remettre à travailler sérieusement le chant. Sans jamais franchir le pas - mon boulot très prenant ne me laissait pas vraiment l'énergie pour chercher un nouveau professeur.

Mais cette année, j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes.

Une petite visite à la Mairie de ma douce ville m'a permis d'apprendre que l'Ecole de Musique Municipale avait créé récemment une classe de "Chant Populaire". Après investigation, il s'est avéré que sous cette appellation absconse se cachait des cours visant à travailler des chansons plus accessibles, plus "populaires" donc, que la musique liturgique, lyrique ou classique. Ni une ni deux, je fonce à l'Ecole de Musique pour m'inscrire !

Une charmante secrétaire m'explique alors que, pour espérer intégrer ce cours, très demandé, il faut absolument passer une audition. Et elle me propose un créneau derechef.
- Mademoiselle l'Oursonne, vous préparerez une chanson de votre choix, que vous nous présenterez la semaine prochaine à 19 heures. Pensez à amener une partition, pour que le pianiste du cours puisse vous accompagner. Merci de l'intérêt que vous nous manifestez et à la semaine prochaine.

Gloups...

Alors là... Dans un sens, passer une audition pour un cours de chant, c'est normal, mais moi qui suis déjà en panique quand je dois dire bonjour à quelqu'un que je ne connais pas, alors être jugée sur une chanson... os'cours !!!

Premier problème : quelle chanson choisir ? Vite, je demande son aide à Chéri, lui-même excellent chanteur (quoi, je suis pas objective ?).
-
Ya pas à hésiter, me répond-il avec autorité : tu chanteras Cry Me A River - la version de Julie London, c'est la plus belle chanson du monde !
Re-gloups...
Oui, c'est vrai, cette chanson est sublime. Mais moi, le blues/jazz, j'ai encore du mal.... Pas bon, ça...

De plus en plus stressée, je contacte Cityzen. Il me connait bien, niveau chant, il pourra sûrement m'aider...
- Bah... t'as qu'à faire la chanson de Grease que j'aime bien, là.... Mais si, tu sais bien ! Ah oui :
Hopelessly Devoted to You !
Re-re-gloups...
Chanson courte, pleine d'émotion, mais... un peu haute pour moi. D'habitude, ça ne me gêne pas, j'ai un ou deux petits trucs pour la passer quand même, mais pour une audition... j'ai pas envie de prendre de risques. Autre idée ?

- Bon bah... t'as qu'à faire cette chanson, là... comment elle s'appelle déjà... rhaaaa... elle sert de générique à une chaîne télé.. c'est quoi déjà ?
Moonlight Shadow ?
Tiens oui, bonne idée ! J'ai déjà la partition, récupéree il y a quelques années. Je la maîtrisais pas mal à l'époque. Avec un peu de travail, ça devrait bien le faire !
Sauf que... la chanson n'est pas très compliquée, mais les paroles ne sont pas si évidentes à mémoriser. Avec le stress, je fourche un peu, et les trilles de la mélodie sont parfois approximatives. Une autre solution, vite !

Avec tous ces atermoiements, la date de l'audition approche. Deux jours avant, je n'ai toujours pas pris de décision. Et tout à coup, la lumière fuse : Time After Time, de Cyndi Lauper !
Cette chanson, je l'adore. Je l'ai chantée des centaines de fois, seule, à la maison, en voiture, devant des amis, devant des inconnus... Petit détail : je n'ai pas la partition. Mais à l'heure d'Internet, est-ce vraiment un problème ?

Deux heures plus tard, j'imprime la partition pour voix et piano, et je commence à travailler d'arrache pied. Je dois la connaître parfaitement, suffisamment pour pouvoir dépasser la feuille de papier et me lâcher complètement. C'est le seul moyen d'interpréter une chanson en faisant passer toute l'émotion, me disait mon vieux prof. OK, man, c'est parti pour les répèts !

Le jour J, je suis fin prête. Pourtant, je suis complètement fébrile : je déteste les examens, j'ai tendance à perdre mes moyens, c'est l'horreur. Chéri, très souriant, très confiant, tente de me rassurer. Le conservatoire est à 15 minutes à pieds. Hélas ! Le matin, j'ai eu l'idée saugrenue de mettre des chaussures neuves. Il est 18 heures, mes pieds sont en sang ! Impossible de marcher normalement ! Heureusement, Chéri accepte de m'y conduire en voiture. Grâce à lui, j'arrive près de quinze minutes en avance. Au moins, je ne serai pas arrivée toute essouflée et en nage !

Arrivée devant la salle où se déroulent les auditions, je prête l'oreille : pas un bruit. Je sais pourtant que les auditions s'enchaînent depuis le début de l'après-midi. Peut-être me suis-je trompée de salle ? Mais un jeune homme me rejoint devant cette même porte. Il chantonne tout bas en vérifiant la liste des inscrits affichée sur le mur du couloir. Tiens ! je ne l'avais pas vue, cette feuille ! Je m'approche à mon tour : mon nom y figure bien, en deuxième position. Allez ! courage ! On y est presque !

La porte s'ouvre. Un homme assez jeune passe la tête dans le couloir, nous demande nos noms du bout de sa barbe, puis referme. Mon compère candidat et moi nous regardons, un petit sourire crispé au coin des lèvres. La porte s'ouvre à nouveau : le barbu fait signe à mon concurrent d'entrer. Je me retrouve seule dans le couloir, devant la porte close.

Quelque dix minutes plus tard, le candidat ressort. Je n'ai rien entendu, à part quelques échanges sourds et mystérieux. Il me fait un grand sourire, et s'éloigne, toujours en chantant.

Enfin, le barbu reparaît et me fait entrer. J'avale ma salive, prends mon courage à deux mains, et pénètre dans l'arène.

La salle est assez grande. Un piano à queue, un pupitre pour les partitions et un micro me font face. Derrière moi, juste à côté de la porte, quatre tables de classe sont alignées. Les trois juges, deux hommes et une femme, sont assis là, comme un tribunal. Faites entrer l'accusée !

Pour le moment, d'ailleurs, aucun des trois ne me prête attention. Ils sont toujours en train de discuter de la prestation de mon prédécesseur. Je suis un peu gênée et reste là, les bras ballants. Enfin, l'un des jurés m'adresse la parole :

- Bonjour, vous êtes ?
- Ferdie l'Oursonne, pour vous servir
- Bonjour, Mlle l'Oursonne, et qu'allez-vous nous chanter ?

Je sors mes partitions, en tend une au barbu - qui semble être le pianiste. Il se lève sans enthousiasme, se dirige vers le piano avec lenteur...

- Je vous fais travailler, désolée...
- D'un autre côté, il est là pour ça, vous savez !

Hum...

Enfin, le pianiste est en place. Il fait craquer ses doigts et sans crier gare, commence à plaquer quelques accords.

- Vous êtes sûre que cette chanson est bien dans votre tonalité ? Non, parce que ce n'est pas évident, vous savez.

Je n'ai plus assez de salive pour le "gloups" de rigueur...

- Je l'ai travaillée avec le CD sur la version originale, a priori ça devrait aller...
- Bon allons-y, on va bien voir.

Le barbu se lance. Moi aussi.

Lying in my bed I hear the clock tick and think of you
caught up in circles confusion is nothing new

Il joue très fort, le piano couvre complètement ma voix. La jurée me fait signe d'utiliser le micro. Sans arrêter de chanter, je m'en empare et m'y cramponne.

Flashback, warm nights almost left behind
suitcases of memories,
time after... 

Il faut absolument que j'arrive à dépasser mon stress, mon trac, et à vraiment interpréter ce morceau....
J'arrive au refrain. Je ferme les yeux, et je me lâche enfin :

If you're lost you can look and you will find me
time after time
If you fall I will catch you I'll be waiting
time after time 

- Merci ! me crie la jurée. Je m'arrête en catastrophe.

- Vous appellerez le secrétariat d'ici 4 ou 5 jours pour avoir les résultats. Au revoir Mademoiselle.

Le barbu me rend ma partition, me reconduit à la porte de la salle.

Je me retrouve dans le couloir sans avoir trop réalisé. Deux autres candidates sont assises, attendant leur tour. Elles me dévisagent, essaient de deviner si j'ai réussi le passage ou non. Je leur fais un grand sourire et, tout comme mon prédécesseur moins de 10 minutes avant, je m'éloigne en fredonnant, avec un air faussement dégagé.

Dès que je suis dans la rue, je sors mon téléphone pour appeler Chéri. Je suis encore sous l'effet de l'adrénaline, et mon état d'excitation le fait rire. Je ne suis pas très satisfaite de ma prestation, et je m'inquiète pour le verdict.

- Moi, je suis sûr que tu as été parfaite ! Tu vas être prise, c'est clair et net !

Il ne serait donc pas objectif, lui non plus ? Quoi qu'il en soit, ça fait du bien à entendre, même si je ne suis pas vraiment convaincue...

Les quelques jours d'attente avant les résultats sont plutôt calmes. J'essaie de ne pas trop y penser, pour ne pas me mettre la rate au court-bouillon. Et le jour J, j'hésite à téléphoner au conservatoire de peur d'une mauvaise nouvelle...

- Ah oui ! Mlle l'Oursonne. Vous êtes acceptée !

Je saute au cou de Chéri ! Je bondis partout, je suis aux anges, j'y crois à peine !

Et voilà, donc, comment j'ai passé ma première audition. Oh, je ne suis pas encore prête pour Popstar, c'est clair. Et d'ailleurs, je n'ai aucune envie d'y aller. Mais j'attends avec impatience ma première leçon de Chant Populaire.. La rentrée du conservatoire s'effectue fin septembre, plus que quelques jours de patience !

Posté par Ferdiebear à 23:57 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur I am a Popstar !

    Je crois que ça m'aurait fait chier moi de devoir passer une audition pour pouvoir prendre des cours de chant. (en plus, chanter en "public" c'est mon gros problème numberOne)
    En tout cas, mon école de chant n'a pas été aussi casse couilles !!

    Dommage qu'il ait l'air toumort ce blog ! (

    Posté par Vaness, 01 mai 2008 à 00:37 | | Répondre
  • pffff

    Alors là, franchement merci !!!
    Pour quoi je passe moi ? Un malade Alzeihmer précoce ? Merci ben'

    Pfff, re-pfff et moulti pffff

    Non mais sans blague.

    Félicitation quand même.

    Cityzen

    PS : et on en massacre pas Là-bas, on la fait super bien... quant à Vivo per lei.... heu... ah bah si en fait !

    Posté par Cityzen, 21 septembre 2007 à 17:33 | | Répondre
Nouveau commentaire