19 mars 2007

Le Bal des Utopies

Le Net est une vaste caverne d’Ali Baba où l’on peut trouver tout et n’importe quoi. Et en général, c’est au moment où l’on s’y attend le moins qu’on déniche une énorme pépite d’or pur.

C’est ce qui m’est arrivé il y a quelques jours, au détour d’un hasard, ou plutôt de ma lecture matinale de mes blogs favoris. Et plus précisément de CE blog : les Chroniques de Mandor.

Mandor est journaliste, ce qui l’amène à interviewer plein d’artistes. Des célébrités, bien sûr ; des moins connus, aussi - moins connus certes, mais pas moins talentueux. Et il relate ses "tribulations dans un monde culturo superficielo passionnant" tout au long de son blog, de façon toujours très humaine, sans se la jouer (alors qu’il pourrait, hein, sérieux, vu les pointures qu’il a déjà croquées).

Grâce à Mandor, j’ai déjà exploré les coulisses de quelques manifestations de relations publiques, découvert ou redécouvert certains artistes, repéré plusieurs livres. Mais là, il a fait beaucoup plus fort : un jeu-concours. Et devinez quoi ? J’ai joué et suis arrivée dans les 5 premiers !

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Un rapide échange de mail, et quelques jours plus tard, arrivait dans ma boîte aux lettre un petit paquet fleurant bon le papier à bulles (miam). Je me précipite, déchire l’enveloppe, arrache le plastique… et je découvre : ce CD, là, à droite !

Bah, quoi de mieux pour faire plaisir à une p’tite Oursonne dingue de musique ? Vite, vite, on allume la machine à lire les galettes, on enfourne l’objet dans ladite machine et… on écoute !

Première chanson, premier abord : le Monsieur sur la pochette a une petite voix toute douce. Il me susurre au creux de l’oreille, et moi, j’aime bien quand on me parle comme ça. Les paroles sont un peu bizarres ("je suis en pourparlers avec un cygne" ?!!! heu.. qu’est-ce à dire ?), mais l’accompagnement style ukulele et la douceur générale me font le meilleur effet (zavez déjà vu une Oursonne arborant un sourire béat ? bah voilà).

Ca ne dure pas.

En fait, le gentil Monsieur sur la pochette cache bien son jeu. Après la petite ritournelle tranquille, il s’énerve, râle et vocifère. "J’ai mis en quarantaine l’optimisme et ses zouaves. Je frémis pour l’avenir, je ne veux pas savoir. J’en ai ras l’bol d’en chier comme un rat perpétuel…"

Et les chansons se suivent et ne se ressemblent pas. Tombée sans crier gare dans un univers totalement décalé, je me prends pour Alice au Pays des Merveilles. J'ai du mal, mais l'entêtement est une qualité très ursinienne, alors je persiste. Le CD tourne en boucle. Tout doucement, je commence à me familiariser avec cet endroit étrange, où, même si la musique est souvent douce, les paroles sont caustiques, voire acerbes, quand ce n’est pas provocatrices. Et toujours inattendues.

Une "Berceuse" ? Mais nan, faut pas croire tout ce que les titres des chansons suggèrent. En fait de berceuse, c’est un grand coup de pied dans l’arrière-train :
"N’en demande pas trop à l’amour, Il ne t’en demande pas tant, Tu l’attendais sur tapis rouge…. Et maintenant, et maintenant, Dans ta piaule, tu chiales… (…) Mais il t’attend sûrement, Autre part sûrement (…) Et maintenant, de ta piaule Fous l’camp !"

"Dodo Citoyen", une berceuse révolutionnaire ? Ah mais non, ma p'tit'e Oursonne, ce serait plutôt un pamphlet.

"La Douche écossaise", un cri de révolte ? Encore perdu, c'est un chant d'amour...
Diable, ce n'est pas un CD, c'est une véritable entreprise de déstabilisation...

Mais plus le CD tourne et plus cet univers me séduit. La voix est douce, m'envoûte, je m'endors apaisée... elle me réveille et me bouscule ! Mais ces brusques changements d'ambiance ne me heurtent plus, bien au contraire.

La voix est douce, je vous l’ai dit, et aussi très maîtrisée. Hé oui, le Monsieur chante bien…. Très bien même. On dit de certains qu’ils chantent tellement bien qu’ils pourraient chanter le bottin, l’émotion serait là ? Bah lui, il ne chante pas l’annuaire, mais une recette de cuisine. Celle de "La soupe au potiron" :

"50 grammes de beurre, 1 litre de bouillon, 2 ou 3 pommes de terre, 2 poireaux, 2 oignons, un beau bouquet garni, 1 kilo de potiron"

Bah moi qui n’aime pas ça, le potiron, j’ai carrément envie de la goûter, sa soupe…

Parmi mes morceaux préférés de cet album : "Les rapports de ma voisine avec son grille-pain". C’est chaud, c’est chaud… Tout de même, cette voisine… quelle coquine !

Mais la chanson que je préfère par-dessus toutes est encore plus dérangée. Je ne sais même pas comment vous en parler, alors…. Ecoutez cet extrait plutôt !

Finbonbref, cet album contient 13 morceaux à contre-pied, 13 morceaux de poil à gratter. 13 morceaux à rire, à hurler, à pleurer aussi (mais juste un peu). 13 morceaux à vivre, tout simplement, pour ceux qui n'ont pas peur de sortir du ronron habituel.

Ca vous donne envie ? Le Monsieur s'appelle Laurent Madiot. Et vous pouvez le découvrir sur son site, avec des photos et plein d'extraits de ses deux albums.

Quant à moi, je n'aurais qu'un mot, avant de retourner l'écouter : un grand merci à toi, Mandor !

Posté par Ferdiebear à 17:18 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur Le Bal des Utopies

    Merci!

    J'en connais qui va être content!
    Merci aussi de parler aussi gentiment de mon blog moi que j'ai. C'est vraiment très gentil.

    Posté par Mandor (FAPM), 20 mars 2007 à 06:54 | | Répondre
  • Sympa

    Très sympa ta description du CD que tu as eu tant de mal à écouter )

    Bravo m'dame !

    Posté par Cityzen, 20 mars 2007 à 09:34 | | Répondre
  • Bravo

    C'est de ma visite quotidienne chez Mandor (toujours lui !) que j'arrive ici. Votre note est très efficace ! J'avoue que je n'ai pas eu de mal de mon côté à entrer dans l'univers de Laurent Madiot et je rejoins complètement votre appréciation !

    Posté par Bridget, 20 mars 2007 à 21:57 | | Répondre
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